12 mars 2013

ILE MAURICE : Hoop logiquement, le Real dans la douleur


Les finales féminine et masculine de la Republic Cup de basket-ball se sont tenues samedi au gymnase de Phoenix. Deux rencontres opposées tant dans le fond que dans la forme, mais qui au final ont vu le succès des équipes mieux organisées, la victoire logique de Hoop chez les dames et le Graal conquis dans la douleur et les coups par le Real.
La finale masculine a été entachée par une bagarre générale à six secondes de la fin. La rencontre avait commencé avec un léger retard dû à l’absence des officiels de table. Mais au début de la rencontre, les choses se décantent rapidement. Si bien que ce sont les Roche-Bois Warriors qui prennent le dessus sur une équipe du Real qui peine à forger son jeu. La tension sur le terrain monte, Hector (Real) et Carver (Roche-Bois Warriors) ne sont pas loin d’en venir aux mains.
Situation calmée vite fait, les choses repartent. Les Warriors, pratiquant leur jeu si particulier, s’attirent les succès. Ludovic Manneron, leur meneur, donne le tournis aux joueurs du Real. Et ils remportent le premier quart-temps 16-12.
Au deuxième quart-temps, par contre, la machine du Real se met en marche, non sans une certaine difficulté. « Oui, on a un peu peiné au départ. On n’a pas travaillé comme il faut. Mais petit à petit, on a su se reprendre », confie Neva Vadiveloo, coach des Vert et Blanc.
Le Real recolle au score. Alors que Roche-Bois avait une avance de sept points (20-13), Carver et ses compagnons voient leurs adversaires fondre sur eux. Évolution rapide du score qui passe à 22-19 pour les Warriors, 2puis 2-21 et, finalement, au buzzer signifiant la mi-temps, 22-23 en faveur du Real. C’était la première fois depuis le début de la rencontre que les protégés de Neva Vadiveloo se retrouvaient en tête. Devant cet état de choses, les Roche-Boisiens se retrouvaient dans une certaine impuissance. « Nous avions fait les changements nécessaires pour jouer en zone », avance Neva Vadiveloo.
Déjà considéré comme le moteur du Real en début de match, le Malgache Hans, secondé par le Nigérian Mohamed et le Mauricien Benjamin Bangard, abat un gros travail de défense. Du coup, le Real passait rapidement la barre des 30 points et s’approchait des 40, alors que Roche-Bois restait toujours sous les 40 unités.
Bangard, lui, s’offrait quelques lancers francs, et l’avance du Real montait à 10 points (48-38). Quelques secondes plus tard, le score est passé à 50, alors que les Warriors restaient à 38 points. Mais poussé par un public acquis à sa cause, Roche-Bois remontait un peu (43-55), mais les jeux étaient presque faits.
À 44 secondes de la fin, le score est de 48 à 62 pour le Real. Un écart impossible à rattraper, à moins de marquer trois tirs à trois points. Mais la fébrilité dont faisaient preuve les Roche-Boisiens ne leur conférait pas l’adresse voulue pour espérer combler ce retard.
Et puis, il y a eu ce petit moment où le Real voulait montrer qu’il était bien le roi du basket-ball local, histoire de s’offrir une dernière joie avant la fin du match. Mais il est raté. De là, deux joueurs s’affronteront. Les supporters de Roche-Bois sautent des gradins et se mêlent à la bagarre. Il faudra l’intervention de quelques joueurs et du coach des Warriors, Désiré Numa, pour que la situation revienne au calme.
Entre-temps, les arbitres n’ont d’autre choix que d’arrêter la rencontre. À six secondes seulement de la fin…
Triste spectacle !
Triste spectacle que celui qui nous a été donné de voir à la fin de la rencontre Real/Roche-Bois Warriors samedi. Deux joueurs en venant au main, des spectateurs envahissant le terrain, voilà qui ne fait pas honneur au sport. Ces incidents ont commencé au moment où on s’y attendait le moins. Il restait moins de dix secondes de jeu. Un joueur du Real et un autre de Roche-Bois se battent. Dans le feu de l’action, il paraît que l’arbitre Bennon Soobiah, qui tentait de calmer les esprits, a même reçu des coups.
Mais ce qui interpelle le plus, c’est quand les supporters de Roche-Bois se ruent sur le terrain, se mêlant à la bagarre. Ils rouent de coups les joueurs. Heureusement, quelques personnes interviennent pour faire revenir le calme. Désiré Numa, coach des Warriors, est même obligé de se montrer menaçant vis-à-vis d’un supporteur qui voulait rester sur le terrain. Alors que les arbitres décident de suspendre la rencontre, les supporters laissent entendre qu’ils attendront les arbitres et les joueurs du Real pour régler les comptes. Sur le parking, ils saccagent une voiture.
Que dire, donc, de ces incidents qui ont terni l’image du basket-ball local, qui a tant peiné à décoller ces deux dernières années ? Et dire qu’Abel Ntsay, deuxième vice-président de la FIBA Afrique et président de la Zone 7, était là pour assister à ce qui est considéré comme la relance du basket-ball mauricien. Dans ses valises, il avait ramené une proposition pour que Maurice organise la CCCOI. Doit-il revoir sa position après ce triste spectacle ?
FINALE DAMES
Hoop avec trop de facilité

La finale féminine de la Republic Cup qui s’est déroulée entre BBRH-Hoop et l’USBBRH a souri à la première équipe. Dans un duel des villes sœurs, dont on avait eu un avant-goût une semaine auparavant, les protégées de Rubin Batterie ont littéralement écrasé leurs adversaires.
Dès le premier quart-temps, Hoop a pris la clé des champs. 10-2, puis 16-9. Les arbitres renvoyaient les deux équipes au banc sur ce score en faveur de Hoop. Au deuxième quart, les choses s’accéléraient et l’USBBRH perdait encore du terrain. 24-10. « Rien n’a marché pour nous », concédait Jean-Marie Bhugeeratee, coach de l’USBBRH.
Corinne Saumaroo et ses coéquipières enfilaient les paniers les uns après les autres. Le score passait à 39-12, puis 49-12 et enfin 51-12 ! À la mi-temps, personne n’y revenait. « C’est là que nous avons sombré. Prendre 45 points en un quart-temps nous a plombé le moral », laissait entendre Jean-Marie Bhugeeratee.
De l’autre côté, par contre, on savourait le match. On se laissait même aller à quelques fantaisies. 55-12, puis 61-17. Le rencontre virait carrément au massacre. Le score au troisième quart-temps était de 68-30.
« Nous avons revu notre stratégie. Mais pour cela, nous avons dû retravailler plusieurs aspects à l’issue de la rencontre de dimanche dernier. Et puis, en face, elles n’arrivaient pas à scorer », observait Rubin Batterie.
Dans le dernier quart-temps, il en profitait pour faire tourner son équipe. De temps en temps, un coup d’éclat de l’USBBRH animait une rencontre qui, à force, avait perdu un peu de sa superbe. L’USBBRH en profitait pour marquer 14 points, se retrouvant ainsi à 30, alors que Hoop n’en marquait que 13. Ce qui portait le score à la fin de la rencontre à 81-40.
« C’est le match à oublier pour nous », se laissait aller à dire Jeaan-Marie Bhugeeratee. Mais il voit là des raisons d’être satisfait. « Nous avons monté une équipe en trois semaines. Puis nous sommes en finale avec une équipe jeune. Et nous nous concentrerons sur le championnat. »
Par contre, pour Rubin Batterie, c’est une autre façon de prouver que les choses sérieuses ne font que commencer. « Il nous reste beaucoup de travail. Mais nous allons le faire. Je lance un appel à d’éventuels sponsors, qui pourraient nous aider », conclut-il.